Dimanche 30 avril 2006 7 30 /04 /Avr /2006 12:30

Elle déroule ses feuilles en hélice, au plus profond du sous-bois. D’un vert tendre qui deviendra plus foncé avec le temps, se marquera de profondes nervures tandis qu’au centre apparaîtra une fleur étrange et d’une autre géométrie.

L’un de vous peut-il la nommer ?

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Pour lire l'article précédent (Caltha palustris, le Populage), cliquer ici.

Par François - Publié dans : Flore de Meuse
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Mardi 25 avril 2006 2 25 /04 /Avr /2006 08:49

Les bords des mares, les berges des rivières et les marécages commencent à se décorer de fleurs… Le Populage est parmi les premières à y apparaître, et fleurira jusqu’au milieu de l’été. Il s’étale sur le sol en groupes serrés comme sa cousine la Ficaire : beaucoup de Renonculacées semblent avoir l’esprit grégaire.

Parmi les animaux, seuls les cochons la mangent naturellement,
mais on sait qu’en chaque homme, un cochon sommeille !
Jadis, on récoltait donc les boutons de Caltha non encore ouverts, on les mettait à macérer dans du vinaigre, et on les consommait comme les câpres.
On classe pourtant habituellement la Caltha parmi les plantes légèrement toxiques...
Ça vaut peut-être la peine d’essayer tout de même : le risque n’est pas bien grand.
D'aileurs, autrefois, on utilisait la fleur de Caltha pour colorer un beurre trop pâle... Je suis toujours sidéré par les capacités que l'homme peut développer pour baiser ses semblables!

Etymologie : A Rome, le mot « caltha » désignait une sorte de souci. Cette étymologie démontre la pagaïe qui régnait parmi les noms des plantes avant l’établissement de leur classification : la Caltha est une Renonculacée, comme le Bouton d’or auquel elle ressemble, alors que le Souci lui, est une Composée comme la Marguerite ou le Pissenlit. Toujours est-il que l’un des noms populaires de la Caltha est aujourd'hui encore « Souci d’eau ».

L’origine du mot « caltha » serait à rechercher dans le grec « kalathos », qui signifie corbeille, « parce que ses fleurs sont groupées avec art comme dans une corbeille de fleurs. »
Cette étymologie me parait séduisante : chaque fleur de Caltha constitue en effet une petite corbeille jaune dans laquelle seraient présentés les organes sexuels de la plante, étamines et pistils.
Heureusement que nous ne faisons pas de même : on aurait l’air malin, avec notre petite corbeille !

Le nom de « Populage » viendrait du Latin « populus », qui désigne le Peuplier, peut-être parce que la Caltha, comme cet arbre, aime les lieux humides…

Quant à « palustris », ce qualificatif signifie « des marais ». Les mots « palustre », « paludisme », etc… ont la même origine.

Disons enfin que c’est peut-être au Populage que les Renoncules (et donc toute la famille des Renonculacées) doivent leur nom.
En effet, le nom scientifique des Renoncules, « Ranunculus » signifie « petite grenouille ». L’un des noms populaires de la Caltha des marais est « Fleur de grenouilles », car ces batraciens aiment se cacher sous les feuilles pour guetter les insectes qui y viennent butiner.

Quand on y regarde de près, on s'aperçoit que les fleurs des autres Renoncules jaunes sont des modèles réduits de la fleur de Caltha.
Quoi de plus naturel, dès lors, de les nommer « Petite fleur de grenouilles »... ou même « petite grenouille », c’est à dire « Ranunculus »?

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Pour lire l'article précédent (Buxus sempervirens, le Buis), cliquer ici.

Par François - Publié dans : Flore de Meuse
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Lundi 24 avril 2006 1 24 /04 /Avr /2006 08:35

Le Buis (de la famille des Buxacées) est l’une des plantes les plus chargées d’histoire de la botanique.
Les religions en ont souvent fait une plante sacrée, utilisée dans de nombreuses cérémonies.
Chez les anciens Grecs et Romains, il représentait la permanence de l’âme après la mort et était de ce fait dédié à Pluton, dieu des enfers (si vous en avez le temps... lire ici le Livre X des Métamorphoses d'Ovide). Cette vénération lui vient du caractère persistant de ses feuilles toujours vertes et de sa longévité, qui en font un symbole d’immortalité.
Dans la religion catholique, le Dimanche des Rameaux est le dernier dimanche du carême avant Pâques. Cette fête commémore l’entrée de Jésus à Jérusalem, et symbolise le renouveau. Le Buis lui sert d’emblème.

Je me souviens encore de mon arrière-grand-mère sur la fin de sa vie (elle avait largement dépassé les 90 ans), revenant de la messe ce jour-là avec une petite branche (un rameau) de Buis bénit qu’elle demandait à son fils, mon grand-père, de fixer au dessus de la porte d’entrée de sa maison. Mon grand-père, qui était libre penseur comme on disait alors, s’exécutait en bougonnant et en pestant contre les papistes et toute cette engeance de curés qu’il appelait corbeaux.

Ma maison d’Othe a sans doute été jadis occupée par une personne extrêmement bigote ou superstitieuse, car j’ai retrouvé de petits rameaux de Buis « oubliés » de-ci de-là, coincés entre des pierres de la cave au grenier et de la grange au four à pain… Emouvant, même pour un vieil athée comme moi !

Le Buis était aussi l’apanage des jardins de curé sous forme de bordures bien taillées délimitant les différents carrés de légumes ou de fleurs.
Symbolisme paradoxal, si l’on se souvient qu’il fut dédié à l’infernal Pluton... Symbolisme « à tiroirs » en réalité : le simple curé de campagne, par la taille régulière de la plante, la dompte, domine ainsi le dieu des enfers et, par la même occasion, le mal dans son ensemble…

Le Buis abonde à Othe, sur la colline de la Romanette ainsi nommée en raison de la présence de vestiges d’un camp romain. Plante sacrée chez les Romains, il est souvent présent sur les sites d’anciens oppida. Enfin, il est généralement considéré -à tort- comme une plante méridionale.
Certains en ont conclu un peu hâtivement que c’étaient les Romains qui l’avaient importé et planté à Othe pour pouvoir en disposer lors de leurs célébrations cultuelles. Il s’agit en réalité d’un concours de circonstances : tout simplement, la plante aime les terrains rocailleux et ensoleillés comme les pelouses calcaires, et ces dernières occupent les sommets des collines, sites stratégiques favorables à l’implantation d’un camp retranché. Buis et Romains ne pouvaient que se rencontrer.
Le Buis est bien une plante indigène, et les Romains n’ont rien à voir avec son existence en Lorraine. Tout au plus peut-on supposer (mais rien ne paraît le démontrer objectivement) que la présence de Buis était considéré par les Romains comme un signe de bon augure pour l’implantation d’un oppidum.

La dureté de son bois, et la finesse de son grain ont fait que le Buis a beaucoup été utilisé pour la gravure, la (petite) sculpture, la confection de manches d’outils, et de petits objets de marqueterie, notamment les pièces de jeux d’échecs, des boites et des tabatières.

Sa façon de croître, en buisson (le mot vient du nom de la plante) touffu en a fait la vedette incontestée de l’art topiaire, qui consiste, dans les jardins dits « à la française », à tailler une plante pour lui donner une forme géométrique, celle d’un objet ou d’un animal.

Comment le reconnaître : Un premier moyen, fort simple, de repérer le Buis : son odeur si caractéristique, proche de celle de la « pisse de chat », qui « embaume » l’air quand il fait chaud.
La plante fait tellement et depuis si longtemps partie de notre culture que chacun connaît, il me semble, ses petites feuilles rondes à ovales, d’un vert clair sur les jeunes pousses de l’année, et sombre sur les rameaux plus anciens.
On remarque bien moins les petites fleurs du Buis, monoïques (mâles OU femelles), d’un jaune vert. Par contre, les abeilles, elles, les repèrent bien et en sont friandes. Il faut dire que les bouquets de fleurs mâles, dépourvues de pétales et entourant une unique fleur femelle à trois styles, produisent une quantité impressionnante de pollen, au point d’en couvrir les feuilles environnantes d’une poussière jaune vert...

A remarquer encore : la forme surprenante des fruits, petites capsules vertes puis brunes ornées de trois « cornes » correspondant aux trois styles de la fleur femelle.

Etymologie: C'est Chaumeton (1775-1819) qui nous donne en 1814 l’origine du nom du Buis : le mot de Grec ancien « puxis » signifie boite, et « puxos » est le nom du Buis dans la même langue. Le nom latin « buxus » en est dérivé, de même que l’anglais « box », boite et « box-tree », Buis. Tout, dans l’étymologie du Buis, ramène aux boites ! Certains ont pensé que c’était parce que son bois servait traditionnellement à en fabriquer. Il semble aujourd’hui plus probable que ce soit à cause de la forme particulière de ses fruits, qui évoquent une sorte de boite tarabiscotée.

Quant au qualificatif de son appellation scientifique, « sempervirens » il signifie « toujours vert » ce qui, nous l’avons vu, correspond bien à une caractéristique du Buis.

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Pour lire l'article précédent (Tulipa, la Tulipe), cliquer ici.

Par François - Publié dans : Flore de Meuse
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Samedi 22 avril 2006 6 22 /04 /Avr /2006 08:59

Clin d’œil à Philippe Charpentier.

Et pour ceux qui voudraient en savoir plus sur les Tulipes sauvages (Tulipa sylvestris et les autres…), de la famille des Liliacées, cliquez donc ICI.

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Pour lire l'article précédent (Inventaire 2) cliquer ici.

Par François - Publié dans : quotidien
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Jeudi 20 avril 2006 4 20 /04 /Avr /2006 06:55

Le printemps accélère...

Les bourgeons vieillissent, éclatent même, sur lesquels se camoufle habilement une petite araignée inconnue (photo du haut).

De plus en plus de fleurs éclosent et bientôt, il ne sera plus possible d'en guetter, au jour le jour, l'apparition...

Il faudra plus encore -si c'est possible- regarder à droite, à gauche, avoir l'oeil à tout ; sélectionner cruellement...

A moins de surcharger les pages de photos... comme je le fais ici.
Un joyeux bordel... mais après tout, n'est-ce pas la Nature...?


Déjà, le long du vieux chemin du Moyen-Âge entre Bazeilles et Villécloye, le Charme (Carpinus betulus) chatonne ; la Véronique de Perse (Veronica persica) ouvre son coeur rayé de bleu ; la Primevère élevée (Primula elatior) étale le sien, cerclé d'orange ; la Petite Pervenche (Vinca minor) se dévoile ;
la minuscule Cardamine
hérissée (Cardamine hirsuta) fait ce qu'elle peut pour se faire remarquer.

Les photos sont dans l'ordre des noms de plantes cités dans le texte.

Et pendant ce temps,  un amour impossible semble naître entre l'Anémone sylvie et un vieux pot de chambre abandonné, près de la racine d'un vieux chêne abattu par une ancienne tempête, qui fait des grimaces de chien exotique.

On ne peut plus suivre... !

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Pour lire l'article précédent (Potentilla sterilis, la Potentille faux-fraisier), cliquer ici.

Par François - Publié dans : Vies minuscules
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A visiter...

Toutes photos by Aceras, sauf mention contraire.

Les photos ne sont pas libres de droits.

 

Je n’ai rien contre le fait qu’on me les emprunte…

Merci toutefois de m’en demander l’autorisation au préalable.

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