A moins d'être un incurable citadin, vous vous êtes certainement déjà fait piquer les miches, les mollets ou les bras par cette cruelle...
Et à propos... avez-vous remarqué que les Orties ne piquent plus une fois qu'elles ont fleuri?
L'agressivité de la plante semble avoir pour seul but la protection des jeunes individus et de ceux qui sont en fleur. Comme quoi nos politicards parviennent à être même plus cons que les végétaux, eux qui n'ont pas même compris que la jeunesse est sacrée...
La garce pique, donc... Mais pour en arriver là, elle a inventé, bien avant nous, le système de l'ampoule buvable. Oui, vous savez: ces petites ampoules de verre dont l'on doit casser les extrémités pour en absorber le contenu...
En effet, certains des poils dont l'Ortie est couverte sont creux, très pointus et extrêmement fragiles (ceux qui sont longs et semblent transparents sur la photo): il suffit d'un frôlement pour que la pointe se brise et provoque, dans la peau de l'imprudent, une mini-blessure dans laquelle se déverse le contenu de l'ampoule, constitué d'un mélange détonnant d'acétylcholine et d'acide formique.
Avez-vous aussi remarqué que malgré la lutte acharnée que nous lui livrons, l'Ortie semble apprécier notre voisinage?
C'est que la coquine est particulièrement gourmande en azote et que l'azote, nous en produisons des quantités industrielles dans nos déchets...
Ecologiquement, elle est (devrait être?) la manifestation tangible de notre mauvaise conscience. Et après tout, c'est peut-être pour cela que nous lui menons une guerre, par ailleurs perdue d'avance.
L'Ortie, Urtica dioica de son petit nom, appartient à la famille des Urticacées.
Comme son nom l'indique, elle est dioïque, c'est à dire que les fleurs femelles et les fleurs mâles sont portées par des pieds différents, un peu comme nous, en somme...
Sous Napoléon Ier, lors du Blocus continental, on a essayé de produire du tissu et de la corde avec les fibres contenues par les tiges de l'Ortie, afin de pallier la pénurie de chanvre. Sans grand succès.
Recette: Un bon moyen de vous débarrasser de quelques unes des Orties de votre jardin: bouffez-les!
La soupe d'Ortie n'est certes pas un mets très délicat... mais ce n'est pas mauvais tout de même grâce au petit goût d'oseille qu'apporte l'acide formique.
Il suffit d'incorporer à la préparation d'une "vulgaire" soupe poireaux-pommes de terre une dizaine de têtes de jeunes Orties par personne.
En ce qui me concerne, j'agrémente la recette avec un morceau de lard maigre non fumé.
A servir dans un gros bol, avec quelques cuillerées de crême fraîche et y casser un oeuf bien frais.
Un petit coup de Juliénas ou de Saint-Nicolas de Bourgueil va fort bien avec.
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par François
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"La fleur est simple; chaque fleur est si tranquille, est tout à fait chez soi et veut sa part de lumière, recherche le maximum de bonheur, de chaleur du monde entier, dans le minimum d'espace.
On a tant admiré les cellules hexagonales des ruches! Qu'on admire donc ces fleurs composées, ou synanthérées, qui reflètent l'idéal du communisme, qui forment l'image de l'Etat.
Dans une telle fleur, on peut voir tout un monde."
Elie Reclus (cliquer sur le nom, puis dérouler jusqu'au 11 février), 1827-1904
Du grand talent...! En quelques lignes, le vieux Communard de 1870 parvient à caser de la politique, de la sociologie, de la poésie, de la botanique et des mathématiques...
Je ne vais pas m'appesantir sur le Pissenlit (Taraxacum, de la famille des Composées ou Astéracées comme on dit aujourd'hui). Il y en a plus de 40 espèces en Lorraine, un vrai casse-tête pour le botaniste amateur...
Disons simplement que l'on ne le regarde pas assez.

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par François
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Je pissais au fond du jardin; une vieille habitude matinale: j'ai des joies simples...
Absorbé par cette sérieuse occupation, le regard dans le vide comme il se doit, je contemplais le champ de colza qui monte à l'assaut de la colline où trône un fort de la ligne Maginot.
On me frôlait le bas du mollet.
Je crus qu'un chat venait me faire ses salutations du matin, et baissai le regard.
Ce n'était pas un chat, mais celui-là, l'Orvet...: je lui marchais par mégarde sur le bout de la queue, et il manifestait son désaccord en s'agitant.
Il s'est docilement laissé ramasser.
Je lui ai présenté mes excuses...
"Y a pas de mal", m'a-t-il répondu avec un sourire froid, tandis que je lui tirais le portrait.
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par François
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Le roi de la forêt...
Eh oui, la petite fleur d'il y a 3 jours, que personne n'a identifiée, est la fleur femelle, ridicule il faut le dire, de cet arbre grandiose sous lequel un roi de France que l'on a dit Saint (et qui était une sombre crapule entre nous soit dit) rendait la justice comme un gland...
Vous avouerez qu'on est bien loi de l'infiniment petit de Lili et des petites plantes qu'on ne remarque pas de Linda...
Je ne vais pas m'étendre sur le Chêne... Il y aurait une encyclopédie à écrire à son sujet.
La photo en haut de cet article montre ses chatons de fleurs mâles. Celle du bas, un peu meilleure que celle de l'autre jour, montre de nouveau les fleurs femelles.
Le Chêne appartient à la famille des Fagacées, comme son cousin le Hêtre.
Le nom scientifique, "Quercus", viendrait du Celte "kaer quez", "bel arbre". Quant à "robur", il signifie "fort". Il a donné, par déformation, le mot "rouvre" sous lequel on désignait jadis le Chêne.

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par François
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Petite fleur minuscule, ridicule, qu'on ne remarque généralement pas...
Et pourtant, appartenant à une espèce ô combien noble et chargée d'histoire... et même d'Histoire!
Mais je vous en dis sans doute déjà trop.
Qui me dira ce qu'elle est?
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par François
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