Viola odorata, la Violette odorante

Publié le par François

Comment la reconnaître : Reconnaître une Violette parmi d’autres fleurs est chose aisée…
Les distinguer entre elles, c’est une autre histoire !
La Violette odorante (Viola odorata de son petit nom, de la famille des Violacées) a des fleurs d’un bleu violacé plutôt franc : une couleur sans hésitation, pourrait-on dire ;
des feuilles finement dentelées, en forme de coeur.
Elle possède cinq pétales, dont deux sont dirigés vers le haut et trois vers le bas.
Une petite tricherie qui facilite la tâche : la Violette odorante est quasiment la seule qui soit parfumée et que vous ayez des chances de rencontrer dans la nature, avec sa proche cousine (en réalité une sous-espèce selon certains), la Violette blanche (Viola alba) dont les fleurs sont, comme son nom l’indique… blanches !
Pas d’erreur possible : tout le monde connaît, je pense, cette odeur caractéristique et inimitable.
Ne vous attendez toutefois pas à vous en remplir les narines jusqu’à vous enivrer :
le parfum est délicat et fugitif !

Bien que la tentation soit grande… abstenez-vous de la cueillir :
elle est rare et mériterait, à mon avis, d’être protégée.

Un peu d’histoire : En 1814, l’empereur NAPOLEON Ier fut exilé à l’île d’Elbe qu’il avait reçue comme royaume après son abdication.
Mais un an plus tard, il s’échappait de sa "prison", et débarquait au golfe Juan le 1er mars 1815.
L’armée que LOUIS XVIII avait envoyée pour le capturer se rallia à l’empereur qui put ainsi marcher sur Lyon (12 mars) puis sur Paris, où il arriva le 20 mars.
Les "Cent-jours" venaient de commencer, et se termineront tragiquement par la bataille de Waterloo (18 juin 1815), la fuite de NAPOLEON vers Rochefort, et son exil à Sainte Hélène où il devait mourir d’un cancer à l’estomac le 5 mai 1821.
Mais tout cela est une autre histoire, et vous vous demandez sans doute quel est le lien entre "notre" modeste Violette et l’épopée napoléonienne !
C’est très simple : en débarquant au golfe Juan le 1er mars 1815, NAPOLEON tenait à la main un bouquet de Violettes qu’il distribua aux amis venus l’accueillir.
La fleur devint le signe de ralliement à l’empereur…

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Pour lire l'article précédent (Ranunculus ficaria, la Renoncule ficaire), cliquer ici.

Publié dans Flore de Meuse

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Osmanthe 15/04/2006 10:22

Dans mon jardin elle poussent partout , rosées , blanches ou violettes elles sont très belles  .
Très belle photo .

François 09/04/2006 22:57

Bon, on fait tous les mêmes ...
Il faut faire avec ce qui pousse !

François 07/04/2006 07:47

Grenouille> C'est excellent, les fourmis... L'acide formique a un bon gout (légèrement vinaigré) et c'est un très bon stimulant! Mon grand père me racontait qu'avant 1914, on donnait à boire aux enfants un peu faibles... du jus de fourmis pressées...!! Il parait que les fourmis sont ravies que ce procédé ait été abandonné... :))

Grenouille de Bénitier 06/04/2006 18:15

Je ne suis pas du tout insectivore ! (C'est juste mon fils qui mangeait les fourmis quand il était bébé). Je mange une ou deux violettes de temps en temps, je ne les décime pas !

François 06/04/2006 07:16

Colette> Merci.
Linda> Pas sérieux, ça... pas sérieux... ;))
Philippe> Je ne me souvenais plus des violettes de Toulouse... et pourtant, c'est le type de produit qui peut jouer un rôle de madeleine...!Quant au Condrieu... marrant que tu en parles: je viens d'en acheter 6 bouteilles (en hyper soldes!!) au Leclerc de Verdun. C'est le vin préféré de ma femme. Et c'est bien bon.
Serge et Pierre> Les Violettes odorantes sont rares, en effet. Je n'en connais que 2 ou 3 stations dans la région...! Mais elles peuvent constituer des tapis impressionnants! Il leur arrive aussi d'être blanches (Viola alba).
Lady Domi> Exact... D'ailleurs, je viens d'inventer l'écran d'ordi parfumé...! ;))
Lili> Il est amusant de constater que même les fleurs les plus discrètes aient pu jouer un rôle -à leur mesure- dans la "grande" histoire...
Grenouille> Je te croyais essentiellement insectivore... ;))Il est vrai que l'on peut manger les violettes, en les mettant dans une salade par exemple. Un peu dommage toutefois pour la violette odorante qui est si rare... A moins de la cultiver au jardin, ce qui est somme toute très facile!Je n'apprécie pas non plus beaucoup Napoléon... sauf pour l'épopée qui fut tout de même grandiose! Quant à sa réhabilitaion de l'esclavage, il s'agissait des premiers balbutiements de l'économie libérale... Napo, Villepin, même combat...!!! :))
Malisan> Merci!