
Course de dromadaires à Kerboubou...
L'arrivée et le sprint final des deux premiers... Ils ont galopé près de 20 kilomètres sous la chaleur moite de septembre. Le meilleur des chevaux se serait écroulé raide-mort à mi distance.
Poussière humide; odeur de suint et d'écume; halètement des bêtes épuisées, au bord de l'asphyxie; cris d'encouragement des méharistes; "youyous" des femmes à leur passage; claquement des cravaches en feuilles de palmier doum; martèlement des pieds las sur le sol...
Je ne saurai jamais qui a gagné: l'arrivée était de l'autre côté d'une dune, derrière moi.
par François
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A Kerboubou, on bat le tobol et sonne la trompe pour annoncer les différentes phases de la fête: discours et palabres, course de dromadaires, défilés, tendé...
par François
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Le tendé c’est, à l’origine, ce tambourin fait d’un mortier taillé dans un tronc d’arbre, de deux pilons servant à écraser le mil, et d’une peau tendue par-dessus. On humidifie la peau de temps à autre pour en tirer des sons différents.
C’est l’instrument dont jouent les femmes du désert. Par extension c’est, lors de la "fête au village", une cérémonie de chants féminins, un rite de cohésion du groupe.
Les hommes arrivent de loin quand ils entendent battre le tendé. Ils font courir leurs dromadaires autour des femmes assemblées, resserrent le cercle de plus en plus jusqu’à frôler le dos de leurs compagnes, puis arrêtent leurs montures, la tête tournée vers le centre.

Le groupe forme alors un véritable amphithéâtre qui amplifie les voix aiguës des femmes, le son grave du tendé : un œuf avec, au milieu, les femmes de la tribu généralement accompagnées des enfants et, à l’extérieur, comme une coquille protectrice, les redoutables guerriers touareg et leurs méharis.
C’est l’ehen et l’essuf réunis... Ehen désignant à la fois la femme, la tente et l’Intérieur rassurant ; essuf désignant le "Grand Extérieur" hostile, le désert, la solitude, l’ennemi…
Les femmes "appartiennent" à l’ehen, les hommes à l’essuf…
par François
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Jeune de la banlieue d'Agadez... au guidon de sa "mob" du désert.
par François
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A Kerboubou, le tobol (tambour) des Kel’Ferouâne. Le tambour sacré des Touareg ne doit jamais, dit-on, toucher le sol. Il servait jadis à rassembler la tribu en cas d’attaque ennemie.
Et puis ce joli poème en Tamasheq (la langue des Touareg), écrit en Tifinagh (l’alphabet dans lequel s’écrit le Tamasheq):

La transcription, sans voyelles, donne ceci :
MWL
Tnt nk
Rdbtd tbl
Ydhn
Yhr ydkl nk
Tknt wn ybdn
Plus clair avec voyelles?:
AMAOUAL
Tanat enek
Redebbeted attebel
Idehan
Ighar idoukal enek
Tekount ouan ibaden
Et une fois traduit :
SENTINELLE
Ta résolution
Fait résonner en cadence tobol
Sables fins
Assèchent tes paumes
Etonnement des plaines blanches.
Pas mal, n’est-ce pas ?
Le poème est tiré de ce site dédié à la culture des Touareg :
http://acybersahara.cybersahara.com/bleuir.html
par François
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