
Famille: Apocynacées, comme "nos" pervenches.
La couleur mise à part, les fleurs des deux genres (Vinca pour les pervenches et Nerium pour le laurier rose) se ressemblent de façon flagrante : voir ici la forme de la fleur de pervenche pour ceux qui ne se souviendraient plus de cette jolie petite fleur bleue…
Le laurier rose affectionne les lieux aussi humides que possible: lits d'oueds, bords des lacs, oasis... Il peut constituer des populations impressionnantes là où il se plaît.
Ne vous laissez pas trop charmer par ce faux laurier... la plante est extrêmement toxique.
Et ne laissez pas votre dromadaire la brouter (en principe, il l'évitera d'instinct): il pourrait en crever!
Les fruits de Nerium oleander sont de longues gousses qui s'ouvrent longitudinalement pour laisser s'échapper de nombreuses graines couvertes de poils roux.
Ses branches sont utilisées pour confectionner les manches de petits outils comme ceux qu'utilisent les mineurs de Tamtattouchte.
par François
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Famille: Ménispermacées.
Une liane au Sahara...! Eh oui... une plante bien curieuse en tout cas. Un fouillis de branches emmêlées, pendantes; de petites feuilles ovales, un peu glauques; des fleurs encore plus petites, d'un jaune verdâtre; le tout sur des tiges ou troncs (on ne sait plus, finalement) montant gaillardement à l'assaut d'un support (autre arbre, rochers...) et ayant à leur base l'aspect d'énormes ossements... Brrr...!
Cocculus est une plante dioïque: il existe des pieds femelles et des pieds mâles. Chez les sujets mâles, les fleurs sont à l'aisselle des feuilles, souvent regroupées à plusieurs (petite photo); chez les sujets femelles, les fleurs sont isolées et pendent au bout d'une longue queue (pédoncule).
Cocculus pendulus aime les endroits aussi humides que possible. On le trouve donc généralement dans les failles d'oueds du djebel, près des sources et des suintements entre les rochers.
par François
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Famille: Résédacées.
Rosette de feuilles à la base de la plante; de la rosette montent les tiges portant quelques feuilles et de longs épis de fleurs d'un jaune verdâtre, peu serrées.
Le fruit, formé de 6 parties (d'où hexagyna), présente la particularité d'être fixé sur une sorte de "pied".

Caylusea hexagyna ne semble pas exigeante: on la rencontre un peu partout, dans les zones de regs légèrement ensablés ou faits de petits cailloux, sur les hamadas et dans les vallées du djebel.

par François
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Famille: Orobanchacées.
Comme tous les membres de la famille, la Cistanche est une plante parasite.
Elle est dépourvue de chlorophylle et donc incapable d'effectuer la photosynthèse: il lui faut faucher chez les autres ce qu'elle ne peut produire. Cistanche tinctoria commet ses méfaits sur le "dos" des Chénopodiacées et des Tamaris.
Elle a un peu la silhouette d'une grosse asperge trapue, courte sur patte (on en a tout de même signalé qui dépassaient 1 m de hauteur!)...
Fleurs jaunes; toute la plante dans les tons bruns, du clair au foncé; pas vraiment de feuilles: seulement des sortes d'écailles le long de la tige.
Elle est goulûment dévorée par les coléoptères noirs (Pimelia angulata, je crois...) que l'on rencontre un peu partout dans le désert... D'ailleurs, il parait qu'elle est également comestible pour l'homme, mais je ne suis pas certain que ce soit un mets extrêmement fin...!
Le qualificatif de tinctoria qui lui a été attribué semble indiquer qu'elle est (ou qu'elle fut) utilisée pour teindre des tissus, mais je n'ai pas trouvé d'information à ce sujet.
Elle pousse à proximité de ses victimes, uniquement dans les sols sablonneux.
par François
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Famille: Composées (aujourd'hui Astéracées).
Elle est pas accueillante, la Centaurée aiguillon...! Ses inflorescences sont entourées d'une rangée impressionnante de bractées (petites feuilles situées juste à la base des fleurs) ce qui est normal pour une plante de cette famille. Mais chez Centaurea pungens, ces bractées sont transformées en redoutables épines destinées à protéger la fleur...
Etymologie: Le verbe latin "pungere" signifie piquer, percer ou encore aiguillonner... et la plante porte bien son qualificatif de "pungens", "piquante".
Quant au nom du genre, Centaurea (Centaurée)... c'est toute une histoire! Dans la mythologie grecque, Chiron était le roi des Centaures, ces êtres étranges au torse d’homme sur un corps de cheval... C’est lui qui fut le maître d’Hérakles (Hercule).
La légende dit que les Centaures aimaient excessivement le vin, et ne savaient pas lui résister. Et du coup, ils me deviennent plutôt sympathiques.
Or un jour, Hérakles fut invité à une partie de chasse par un Centaure de ses amis... Comme ils étaient assoiffés d’avoir trop couru (on a beau être des demi-dieux, il faut courir après le gibier quand le fusil n’est pas encore inventé !), l’ami d’Hérakles ouvrit une bonne barrique de pinard... L’odeur attira tous les Centaures du quartier, et ce qui devait arriver arriva : une bagarre de poivrots éclata. Elle s'acheva tragiquement: l'ami d’Hérakles fut tué.
Ce dernier piqua une des colères dont il avait le secret et étripa quelques Centaures. Les survivants s’enfuirent, poursuivis par le demi-dieu en rage et se réfugièrent... chez Chiron. Hérakles fit irruption dans la demeure de son maître et massacra les Centaures à coups de flèches empoisonnées... Hélas, Chiron fut touché par une "flèche perdue" et s’effondra...
On imagine la honte et le désespoir d’Hérakles!
Par bonheur, le vieux Chiron avait une santé... de cheval et connaissait en outre l’usage des "simples"... Il réussit ainsi à se soigner et survécut à sa blessure... Le nom de "centaurea", serait attribué à une plante qui aurait permis ce prodige.
Il fut une époque où la médecine balbutiante cherchait dans les végétaux un signe divin supposé indiquer aux hommes l'usage qui pouvait être fait de telle ou telle plante... C'était la fameuse "théorie des signatures", surtout développée au XVIème siècle par Paracelse, mais dont les fondements existaient déjà depuis longtemps. Il est fort possible que la plante ayant soigné le vieux Chiron de la légende ait été cette centaurée aiguillon, que les gens de l'antiquité considéraient sans doute apte à soigner les blessures par flèches à cause de ses épines...
Centaurea pungens est très commune dans tout le Sahara, mais n'apprécie pas les endroits trop sablonneux: je ne l'ai que très rarement rencontrée en ergs et alors seulement à leur bordure.
par François
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