Famille : Bétulacées, comme le Bouleau et le Noisetier.
Nom scientifique : Alnus glutinosa.
L’Aulne peut atteindre 25m de hauteur, et fleurit de février à avril.
Selon les régions, on l’appelle aussi bergue, vergne, ou verne. On retrouve parfois ces racines dans des noms de personnes, ou la toponymie : dans la vallée de la Chiers, à proximité de Montmédy, existe un petit village nommé Verneuil. Il y avait sans doute là jadis une grande quantité de ces arbres. Ma grand-mère maternelle s’appelait également ainsi de son nom de jeune fille. Elle était issue d’une famille de scieurs de bois. Peut-être l’un de mes ancêtres possédait-il un terrain planté d’Aulnes, une aulnaie.
Le bois d’Aulne présente la particularité de bien résister à l’eau. C’est pourquoi, outre la menuiserie et l’ébénisterie, ses usages traditionnels étaient la confection de conduites d’eau, de sabots, de barques et de pilotis. Le naturaliste VALMONT-BOMARE écrivait, en 1800 : "... le pont de Londres, celui de Rialto à Venise, ne sont bâtis que sur l'aune..."
Selon le même auteur, le charbon de bois d’Aulne entrait dans la fabrication de la poudre à canon, comme celui de la Bourdaine.
On faisait également pousser l’arbre en taillis, le long des rivières, où il servait à maintenir les berges. On le coupait alors tous les quatre ans, et ses baliveaux servaient d’échalas et de matériau pour la construction de bâtiments légers comme des poulaillers ou des étables mobiles.
Son écorce était encore utilisée, mélangée avec du vitriol, pour faire de l’encre et, en tannerie et chapellerie, mélangée à de la rouille, pour teindre le cuir en noir.
Dans la Grèce antique, on confectionnait, avec l’écorce de l’arbre, une trompe utilisée dans les rites funéraires.
En 1605, MATTHIOLE nous indique un autre usage, concernant cette fois les feuilles de l’Aulne: "Estans encores trempées de la rosée on les sème par les chambres pour faire mourir les puces : qui est chose bien expérimentée..."
Plus magique encore, au XVème siècle, "Les Evangiles des quenouilles" nous apprennent que "Quiconques est battu de bastons de bois d’ausne verts ou secs, et après jettera les bastons en ung puis, se ilz demeurent en l’eaue, cellui sentira en douleur sa bature tant comme il vivra".
L’Aulne aime les lieux humides et les bords de rivière, et ses racines nous l’avons dit, contribuent à en stabiliser les berges. Il a profondément souffert de la seconde plaie de nos campagnes avec le remembrement : le curage des rivières. Les Saules, dont la plupart apprécient les mêmes biotopes, n’en sont pas devenus rares pour autant. Il faut dire qu’ils ne connaissent pas les mêmes difficultés de reproduction que l’Aulne : ce dernier n’est fertile qu’à l’âge de quinze ans, ce qui est tard pour un arbre qui ne vit pas très vieux, tout au plus une petite centaine d’années.
Enfin, l’Aulne est un "engrais vert" au même titre que la Luzerne : ses racines présentent des sortes de petits tubercules abritant des micro-organismes capables de fixer l’azote que l’arbre a capté dans l’air.
Comment le reconnaître:
Ce n’est somme toute pas très difficile : si vous rencontrez un arbre portant de petites boules semblables à des pommes de pin grosses comme la première phalange d’un petit doigt, et ayant pourtant des feuilles, et non des aiguilles... c’est l’Aulne.
Comme les autres membres de sa famille (Bouleau, Noisetier…), il présente des fleurs mâles (en forme de longs chatons pendants), et des fleurs femelles beaucoup plus discrètes.
Avant leur éclosion, les bourgeons prennent une teinte brun rouge un peu violacé.
Etymologie :
Les bourgeons de l’Aulne, ainsi que l’écorce des jeunes rameaux de l’année sont plus ou moins visqueux, d’où le qualificatif de glutineux, "glutinosa" en Latin.
Quant aux noms d’Aulne et Alnus, ils viendraient des racines grecques als, mer et naus, bateau (le Français « nautique » vient aussi de cette dernière racine). Cette étymologie est à rapprocher des usages qui étaient faits du bois d’Aulne.
Légende : Bien entendu, on ne peut parler de l’Aulne sans évoquer le célèbre poème "Le Roi des Aulnes", écrit par Johann Wolfgang GOETHE (1749-1832) et mis en musique par Franz SCHUBERT (1797-1828)…
L’écrivain français Michel TOURNIER a également écrit, en 1970, un roman portant ce titre. Il raconte la guerre d’un jeune homme (Abel Tiffauges) qui, après une enfance frustrée et torturée, collabore avec les SS parce qu’il se prend pour un ogre…
Voici le texte du poème de GOETHE, en Français et en version originale :
LE ROI DES AULNES
"Qui chevauche si tard dans la nuit et le vent ?
C’est le père et son enfant.
Il serre le jeune garçon dans ses bras,
Il le tient au chaud, il le protège.
- Mon fils, pourquoi caches-tu ton visage avec tant de crainte ?
- Mon père, ne vois-tu pas le Roi des Aulnes ?
Le Roi des Aulnes avec sa couronne et sa traîne ?
Mon fils, c’est une traînée de brume.
- Cher enfant, viens, partons ensemble !
Je jouerai avec toi à tant de beaux jeux !
Tant de fleurs brillent sur le rivage !
Ma mère a de sompteux vêtements d’or !
- Mon père, mon père, mais n’entends-tu pas,
Ce que le Roi des Aulnes me promet à mi-voix ?
- Du calme, rassure-toi, mon enfant,
C’est le bruit du vent dans les feuilles mortes.
- Veux-tu, jeune garçon, venir avec moi ?
Mes filles s’occuperont gentiment de toi .
Ce sont elles qui mènent la danse nocturne,
Elles te berceront de leurs rondes et de leurs chants.
- Mon père, mon père, ne vois-tu pas là-bas,
Les filles du Roi des Aulnes qui dansent dans l'ombre ?
- Mon fils, mon fils, je vois bien en effet,
Ces ombres grises : ce ne sont que de vieux saules.
- Je t’aime, ton joli corps me tente,
Si tu n’y consens pas, je te ferai violence.
- Père, père, voilà qu’il s'empare de moi !
Le roi des Aulnes m’a blessé !
Le père frissonne, il presse son cheval,
Il serre sur sa poitrine l’enfant qui gémit.
A grand peine, il rejoint la ferme.
Dans ses bras, l’enfant est mort.""
ERLKÖNIG
"Wer reitet so spät durch Nacht und Wind?
Es ist der Vater mit seinem Kind,
Er hat den Knaben wohl in dem Arm,
Er fasst ihn sicher, er hält ihn warm.
Mein Sohn, was birgst du so bang dein Gesicht ?
Siehst, Vater, du den Erlkönig nicht,
Der Erlkönig mit Kron und Schweif ?
Mein Sohn, es ist ein Nebelstreif.
Du liebes Kind, komm, geh mit mir !
Gar schöne Spiele spiel ich mit dir,
Manch bunte Blumen sind an dem Strand,
Meine Mutter hat manch gülden Gewand.
Mein Vater, mein Vater, und hörst du nicht,
Was Erlkönig mir leise verspricht ?
Sei ruhig, bleibe ruhig, mein Kind,
In dürren Blättern säuselt der Wind.
Willst, feiner Knabe, du mit mir gehn ?
Meine Töchter sollten warten schon,
Meine Töchter führen den nächtlichen Reihn,
Sie wiegen und tanzen und singen dich ein. (bis)
Mein Vater, mein Vater, und siehst du nicht dort
Erlkönigs Töchter am düstern Ort ?
Mein Sohn, mein Sohn, ich seh es genau,
Es scheinen die alten Weiden so grau.
Ich liebe dich, mich reizt deine schöne Gestalt,
Und bist du nicht willig, so brauch ich Gewalt.
Mein Vater, mein Vater, jetzt fasst er mich an !
Erlkönig hat mir ein Leids getan !
Dem Vater grauset's, er reitet geschwind,
Er hält in Armen das ächzende Kind,
Erreicht den Hof mit Müh und Not,
In seinen Armen das Kind war tot."
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Eh bien suite à ma question d’hier (et à vos réponses éclairées...), et puisque je m’avère totalement incapable de transférer une image autre qu’une petite croix rouge dans OB à partir d’un hébergeur extérieur (mais je ne désespère de comprendre un jour quelque chose au CSS… !)

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