Famille des Iridacées.
Je me souviens d’une gravure qui figurait sur le livre d’histoire de France de mon enfance: le roi Philippe-Auguste (1165-1223) y caracolait sur son cheval d’apparat couvert d’un drap bleu orné de fleurs de Lis (ou de Lys) dorées.
A mieux y regarder, ces ornements ressemblent fort peu à de fleurs de Lis, même stylisées…
Alors ?
Les « designers » du Moyen-Âge étaient-ils si maladroits…?
Que nenni ! aurait répondu l’Auguste Philippe…
C’est tout simplement que ce ne sont pas des fleurs de Lys…
Rappelons-nous donc nos leçons d’histoire: il existait, sous l’ancien régime, une loi dite « salique », surtout célèbre aujourd'hui par ses articles interdisant aux femmes d’hériter la terre de leurs ascendants ou époux.
Cette loi s’appelait ainsi car c’était celle des Francs Saliens, dont descendaient les rois de France.
Cette tribu franque était originaire des rives de l’Ijssel, l’un des bras du delta du Rhin, région de marécages où la plante la plus majestueuse que l’on puisse trouver est… notre Iris des marais.
Quoi de plus normal, dès lors, que les chefs de cette tribu en aient fait leur emblème et l’aient transmis à leurs descendants?
Mais par quelle magie cette fleur d’Iris est-elle devenue « de Lys »…?
C’est le père de Philippe-Auguste, Louis VII (1120-1180), roi de France de 1137 à 1180 qui en a la réponse…
Il prit part à la deuxième croisade, prêchée par l’illuminé et fanatique Saint Bernard (non… pas celui qui se balade avec un petit tonneau de rhum sous le cou…!)
L’un des soucis des chevaliers de cette époque était de se reconnaître sous l’armure, dans la mêlée des combats: il est toujours préférable de savoir à qui appartient la tête que l’on est en train de marteler à coups de masse d’arme…
Louis VII, se souvenant sans doute de l’emblème de ses ancêtres Francs, le reprit ainsi à son compte et l’on parla dès lors de… la « Fleur de Louys » qui devint, par déformation, « Fleur de Lys »…
Une autre histoire, un peu différente, fait remonter l'emblème à Clovis, roi des Francs de 481 à 511...
On peut la lire en cliquant ici: Fleur de Lys.
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par François
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Pas beaucoup de temps en ce moment pour bloguer…
Du coup, je ne vais que rarement visiter les sites que j’aime (que l'on me pardonne!), et je ne mets pas à jour le mien aussi régulièrement qu’il le faudrait…
Pas sérieux, tout ça…
Voici donc, en vrac, quelques gueules qui nous observent; semblent parfois nous juger avec mépris, nous tirer la langue et tenir des messes basses auxquelles nous n’avons pas accès…
Par ordre d’apparition à l’écran: la Sauge des prés (Salvia pratensis, de la famille des Labiées), le Mélampyre des champs (Melampyrum arvense, de la famille des Scrophulariacées), la Platanthère des montagnes (Platanthera chlorantha, de la famille des Orchidées) et une variété horticole d’Ancolie (Aquilegia ssp, de la famille des Renonculacées).
Dans une petite semaine (le 7 juin), je pars pour trois semaines dans notre maison de
Fez (
Maroc), histoire d’y programmer des travaux…
Je pense pouvoir mettre à jour mon blog de temps à autre (il y a un cyber café proche de Derb Ben Salem), mais peut-être pas quotidiennement…
Evidemment, ce ne sera plus momentanément la Flore de Meuse, mais des photos de Fez... ;)))
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par François
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On ne le sait pas toujours, mais des Orchidées poussent aussi sous nos climats.
D'ailleurs, cette colossale famille (plus de 30.000 espèces!) a colonisé le monde entier, sous tous ses climats à l'exception des pôles...
Bien entendu, celles de chez nous n'ont pas l'exubérance des Orchidées exotiques, et leurs fleurs sont bien plus petites. Mais d'un point de vue esthétique, elles n'ont rien à envier à leurs cousines tropicales.
Je ne présente ici que les premières à fleurir. D'autres viendront par la suite.
La grande photo du sommet de l'article montre l'Orchis mâle (Orchis mascula). Il n'est en réalité pas plus mâle que d'autres Orchidées sont femelles: toutes portent les deux sexes à la fois.
Mais l'Orchis mâle doit son nom à la forme de son éperon (tube à nectar), qui ressemble à un sexe masculin en pleine forme... D'ailleurs, les Portugais le nomment "satyriaõ". C'est tout dire!

Les autres photos montrent (dans l'ordre) l'Orchis militaire (Orchis militaris) avec sa tenue de combat... rose indien!; l'Orchis pourpre (Orchis purpurea), plus sombre, au casque parfois presque noir; la Listère (Listera ovata), dont la fleur se prend pour une minuscule fée verte...; et la Néottie nid d'oiseau (Neottia nidus-avis), amoureuse des sous-bois sombres, brune et caoutchouteuse, ainsi nommée à cause de la forme de ses racines

A remarquer: les touffes de poils qui ornent le labelle (grand pétale inférieur) des Orchis militaire et pourpre. Ils jouent le rôle de balises pour guider les insectes pollinisateurs vers le centre de la fleur où se trouvent le nectar et les organes sexuels.
Si, quant à elle, la Néottie est brune et caoutchouteuse, c'est parce qu'elle est incapable de synthétiser elle-même de la chlorophylle. Elle n'est pas un parasite pour autant, et ne "vole" pas les matières nutritives sur d'autres plantes vivantes. C'est une saprophyte: elle se contente de collecter ce dont elle a besoin dans les matières végétales mortes, avec l'aide de bactéries et de champignons microscopiques...
Et puis un conseil fondamental.
Les Orchidées ont une sexualité complexe et difficile.
Il leur faut, selon les espèces, entre 5 et 7 ans pour passer de la graine (minuscule) à une plante en âge de fleurir et donc de se reproduire.
Par ailleurs, beaucoup de leurs milieux de prédilection sont en diminution.
Abstenez-vous donc ABSOLUMENT de les cueillir, même si cela peut être tentant et même si elles vous paraissent abondantes par endroits.
N'essayez pas non plus de les repiquer dans votre jardin: pour survivre, toutes ont besoin à des degrés divers de champignons microscopiques et de bactéries (comme la Néottie) et de la présence, à leurs côtés, de certaines plantes sauvages. Elles ont très peu de chance de rencontrer tout cela chez vous et la transplantation est généralement vouée à l'échec...!
Je suis d'accord avec vous: c'est dommage, car un parterre d'Orchis militaires... ce serait bien mieux que le défilé des clampins du 14 juillet!
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par François
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A moins d'être un incurable citadin, vous vous êtes certainement déjà fait piquer les miches, les mollets ou les bras par cette cruelle...
Et à propos... avez-vous remarqué que les Orties ne piquent plus une fois qu'elles ont fleuri?
L'agressivité de la plante semble avoir pour seul but la protection des jeunes individus et de ceux qui sont en fleur. Comme quoi nos politicards parviennent à être même plus cons que les végétaux, eux qui n'ont pas même compris que la jeunesse est sacrée...
La garce pique, donc... Mais pour en arriver là, elle a inventé, bien avant nous, le système de l'ampoule buvable. Oui, vous savez: ces petites ampoules de verre dont l'on doit casser les extrémités pour en absorber le contenu...
En effet, certains des poils dont l'Ortie est couverte sont creux, très pointus et extrêmement fragiles (ceux qui sont longs et semblent transparents sur la photo): il suffit d'un frôlement pour que la pointe se brise et provoque, dans la peau de l'imprudent, une mini-blessure dans laquelle se déverse le contenu de l'ampoule, constitué d'un mélange détonnant d'acétylcholine et d'acide formique.
Avez-vous aussi remarqué que malgré la lutte acharnée que nous lui livrons, l'Ortie semble apprécier notre voisinage?
C'est que la coquine est particulièrement gourmande en azote et que l'azote, nous en produisons des quantités industrielles dans nos déchets...
Ecologiquement, elle est (devrait être?) la manifestation tangible de notre mauvaise conscience. Et après tout, c'est peut-être pour cela que nous lui menons une guerre, par ailleurs perdue d'avance.
L'Ortie, Urtica dioica de son petit nom, appartient à la famille des Urticacées.
Comme son nom l'indique, elle est dioïque, c'est à dire que les fleurs femelles et les fleurs mâles sont portées par des pieds différents, un peu comme nous, en somme...
Sous Napoléon Ier, lors du Blocus continental, on a essayé de produire du tissu et de la corde avec les fibres contenues par les tiges de l'Ortie, afin de pallier la pénurie de chanvre. Sans grand succès.
Recette: Un bon moyen de vous débarrasser de quelques unes des Orties de votre jardin: bouffez-les!
La soupe d'Ortie n'est certes pas un mets très délicat... mais ce n'est pas mauvais tout de même grâce au petit goût d'oseille qu'apporte l'acide formique.
Il suffit d'incorporer à la préparation d'une "vulgaire" soupe poireaux-pommes de terre une dizaine de têtes de jeunes Orties par personne.
En ce qui me concerne, j'agrémente la recette avec un morceau de lard maigre non fumé.
A servir dans un gros bol, avec quelques cuillerées de crême fraîche et y casser un oeuf bien frais.
Un petit coup de Juliénas ou de Saint-Nicolas de Bourgueil va fort bien avec.
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par François
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"La fleur est simple; chaque fleur est si tranquille, est tout à fait chez soi et veut sa part de lumière, recherche le maximum de bonheur, de chaleur du monde entier, dans le minimum d'espace.
On a tant admiré les cellules hexagonales des ruches! Qu'on admire donc ces fleurs composées, ou synanthérées, qui reflètent l'idéal du communisme, qui forment l'image de l'Etat.
Dans une telle fleur, on peut voir tout un monde."
Elie Reclus (cliquer sur le nom, puis dérouler jusqu'au 11 février), 1827-1904
Du grand talent...! En quelques lignes, le vieux Communard de 1870 parvient à caser de la politique, de la sociologie, de la poésie, de la botanique et des mathématiques...
Je ne vais pas m'appesantir sur le Pissenlit (Taraxacum, de la famille des Composées ou Astéracées comme on dit aujourd'hui). Il y en a plus de 40 espèces en Lorraine, un vrai casse-tête pour le botaniste amateur...
Disons simplement que l'on ne le regarde pas assez.

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par François
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